Interview de Christophe Lanas

A l’instar de Sébastien Clergue, vous étiez également sur le départ du groupe dans un premier temps. Qu’est-ce qui a fait que vous êtes revenu sur votre décision initiale ?

Effectivement, j’avais pris ma décision bien un mois avant la fin du championnat, mais quelques temps après cette annonce, je sentais que le groupe attendait des réponses quant à un éventuel repreneur. Certains voulaient rester mais sous certaines conditions, d’autres voulaient arrêter, mais nous ne pouvions pas répondre à leurs attentes. Au vu de la grande incertitude sur le nom du prochain entraîneur, et après en avoir discuté autour de moi, et avec le président, j’ai donc décidé de reprendre l’équipe.

Ce groupe ne méritait pas que je les laisse tomber. Je connais leur valeur et le gros potentiel qui s’en dégage et je sais qu’il y a un gros coup à jouer cette année.

Nommé entraîneur principal, vous continuez ceci dit à fonctionner en binôme avec Romain Berro en numéro 2, et même en trinôme avec Charlotte Gauthier. Expliquez-nous exactement comment s’articulent les entraînements entre vous trois ?

Tout d’abord, nous fonctionnons à 4 avec Alex Marolany, responsable de l’équipe 2.

Chacun est responsable à sa manière d’un travail spécifique que nous avons établi en début de saison. Le lundi, Romain et Charlotte collaborent ensemble sur la PPG (note : Préparation Physyque Généralisée) et le renforcement musculaire. Le mercredi et le vendredi sont dédiés à des entraînements techniques basés sur la défense et l’attaque, et la mise en place du projet de jeu avec Romain et moi-même.

Aujourd’hui, il y a 2 numéros un sur la catégorie, permettant à l’un et à l’autre d’être légitime auprès des joueurs et de travailler sereinement.

 

Ce groupe ne méritait pas
que je les laisse tomber  
 

 

Les années précédentes, et cela s’est souvent joué à peu de choses, l’équipe a raté l’accession au niveau supérieur. Qu’est-ce qu’il manque à ce groupe pour franchir un pallier ?

Ce collectif manque cruellement de confiance en soi. Les autres années, on a pêché par manque de répondant face à l’adversité car nous ne sommes pas allés au bout de nous-même. Nous nous battons toujours contre les mêmes démons depuis quelques années, et nous n’arrivons pas à trouver la solution.

Cette année, nous avons une autre approche avec Romain, comme travailler de petits scénarios pour les mettre en danger plus souvent, et qu’ils aient les bonnes cartes en mains, sans s’affoler quand ils devront faire face à une situation bien donnée. Après, ça manque certainement aussi de culture et d’une éducation handball. Le groupe est hétérogène dans ce domaine, et l’apprentissage est plus long dans certains cas.

L’effectif est une nouvelle fois pléthorique cette saison (46 licenciés à l’heure d’écrire ces lignes). Comment gère-t-on à la fois techniquement et humainement un tel groupe ?

Pour l’instant, nous avions une quinzaine de joueurs à l’entraînement, ce qui était simple à gérer, mais avec la reprise des étudiants et de ceux qui étaient en congés, le gymnase devient un peu étroit.
Nous allons scinder l’effectif en 2 groupes, équipe 1 et 2 très rapidement, en essayant de trouver la meilleure solution pour que tout le monde y trouve son compte.

L’objectif reste donc le même, la montée, mais cette saison le format du championnat a changée. Que pensez-vous de cette nouvelle formule ?

Je pense surtout que cette nouvelle formule n’est pas si évidente que ça. Il faut être dans les 2 premiers de poule - le championnat étant composé de 4 poules de 10 - pour être barragiste pour la montée. Finir premier nous donnerait l’opportunité de jouer le second d’une autre poule en match aller/retour, et surtout de recevoir au second match. Le vainqueur étant qualifié pour les demies finales et accédant à la Prénationale.

Cette formule est à double tranchant : nous savons qu’il faut dominer le championnat de la tête et des épaules mais l’ensemble de la saison se joue sur un match.